Il manquait un espace de liaison directe entre les romans et vous. Un lieu sans filtre, sans algorithme tiers et sans artifices marketing pour poser les valises, ouvrir les tiroirs et parler franchement de ce qui se cache derrière les livres. C'est exactement la vocation de ce carnet de bord.
Pourquoi ouvrir ce blog aujourd'hui ? La vérité, c'est que la plupart des textes que vous trouverez ici n'ont pas été rédigés pour faire du remplissage ou répondre à un planning de publication. Ils étaient déjà là, dans mes cartons, accumulés au fil des mois sous forme de notes de travail, de réflexions sur le métier d'auteur, de carnets de préparation ou de brouillons de pensées nés en marge de l'écriture de mes romans.
08/09/2026
Le gouffre de la répétabilité
Le match : Modèles frontières vs IA locales
Utiliser une IA en local, comme Mistral Small 24B, ne produira pas forcément beaucoup plus d'hallucinations que les immenses modèles frontières que sont ChatGPT, Claude ou Gemini. L'incapacité à raisonner mathématiquement de manière infaillible est une limite architecturale des LLM actuels, et non une simple question de puissance de calcul hébergée dans le cloud.
Les règles d'or pour la Hard SF assistée par IA
08/09/2026
Les différents niveaux de "dureté"
Toutes les œuvres de hard SF ne se valent pas en termes de rigueur. On peut les classer selon une échelle d'exactitude :
Pourquoi cette distinction est-elle primordiale ?
Le ciblage du lectorat
Le lecteur de hard SF recherche une stimulation intellectuelle spécifique : le plaisir de la logique mathématique et de la résolution de problèmes par l'ingénierie. Un lecteur s'attendant à de la hard SF stricte rejettera un récit où un problème est résolu par un deus ex machina technologique inexpliqué. À l'inverse, un lecteur de space opera classique risque de se noyer dans un excès de détails techniques.
Le risque d'alourdissement du texte
C'est le piège principal de la hard SF : le syndrome du cours magistral (ou info-dumping). La nécessité d'expliquer des concepts scientifiques complexes, comme le fonctionnement d'un réacteur à fusion ou les calculs d'orbite de transfert, peut rapidement alourdir la narration et briser le rythme de l'action. Le défi de l'auteur est de diluer la théorie dans l'action immédiate des personnages.
L'utilité du glossaire technique
Pour les œuvres appartenant au spectre le plus "dur", l'intégration d'un glossaire technique et scientifique en fin d'ouvrage s'avère indispensable. Il permet d'expurger le corps du texte des explications trop pointues, préservant ainsi la fluidité narrative, tout en offrant aux lecteurs les plus exigeants les fondements théoriques, les équations ou les schémas qui sous-tendent l'univers du roman.
Tension Nominale : Le sommet de la Hard SF chez Cosy Print
Au sein du catalogue indépendant Cosy Print, Tension Nominale a été conçu pour répondre aux critères les plus stricts de la hard science-fiction. Contrairement à des œuvres explorant des concepts plus spéculatifs, ce roman s'ancre dans un réalisme scientifique absolu. Les mécaniques orbitales, les contraintes physiologiques liées à l'espace et les systèmes d'ingénierie y sont traités sans aucune concession, en faisant l'ouvrage le plus techniquement exigeant et le plus "dur" publié sous ce label.
08/09/2026
Voici les principes clés pour réviser efficacement votre manuscrit.
La relecture ne se fait pas de manière linéaire. Elle doit s'opérer sur plusieurs niveaux pour être exhaustive :
08/09/2026
Imposer des blocs de trois heures incompressibles :
La concentration profonde ne s'atteint pas en quelques minutes. Réservez-vous des créneaux d'au moins trois heures d'affilée pour travailler, et répétez ce schéma de manière cyclique. C'est le temps minimum requis pour s'immerger dans le récit et produire une avancée significative.
Couper drastiquement les distractions :
L'attention est fragile. Éteignez votre téléphone et fermez vos navigateurs. Prévenez votre entourage de ne sous aucun prétexte vous déranger durant cette période. L'isolement physique et numérique doit être total. Travailler sur des outils déconnectés ou des modèles de langage en local permet de maintenir cette bulle sans risquer de dériver sur internet.
Respecter la mémoire de continuité :
Ne suspendez jamais une session d'écriture au milieu d'un paragraphe, surtout si vous prévoyez une pause de plusieurs jours. La mémoire de continuité d'une scène est extrêmement limitée. Terminez votre idée d'une seule traite et réduisez au maximum le délai entre deux sessions pour ne pas perdre la dynamique du texte.
Préparer la documentation en amont :
La phase de rédaction ne doit pas être parasitée par la recherche. Compilez rigoureusement toutes vos documentations, calculs d'astrométrie ou références techniques avant d'écrire, pas pendant. Si un détail ponctuel vous échappe en cours de route, insérez un marqueur textuel et continuez à écrire. La vérification s'effectuera lors de la phase de révision.
Laisser une amorce pour la session suivante :
Pour faciliter la reprise lors du prochain bloc de travail, ne vous arrêtez pas systématiquement à la fin d'un chapitre sur une page blanche. Interrompez plutôt votre rédaction au moment où vous savez exactement comment va se dérouler la phrase ou l'action suivante. Cette technique élimine la difficulté de la page blanche à la reprise.
Séparer la rédaction de l'édition :
Durant ces blocs de trois heures, l'objectif exclusif est de produire du texte brut. L'analyse critique de la structure, la révision des actes ou les considérations de publication doivent faire l'objet de créneaux séparés afin de ne pas freiner le flux créatif.
05/09/2026
Qu'est-ce qui s'est fracturé en chemin ?
Le cœur battant de Star Trek, c'était l'intelligence des intrigues. Les problèmes se résolvaient par la diplomatie, l'ingéniosité technique, la logique d'un Spock ou la réflexion morale d'un capitaine confronté à des dilemmes cornéliens. La science y jouait un rôle d'ancrage, même romancé, et le spectateur était considéré comme un partenaire intellectuel capable de suivre le raisonnement.
Aujourd'hui, la franchise semble avoir troqué cette exigence de fond contre le vacarme des blockbusters standardisés. Les scénarios privilégient l'agitation frénétique, le spectacle visuel permanent et l'urgence cataclysmique à répétition — car comment faire frissonner un public blasé si la survie de la galaxie n'est pas en jeu dans chaque épisode ? On accumule les effets de manche, les facilités narratives et les revirements spectaculaires, quitte à piétiner la cohérence interne d'un univers façonné avec soin pendant des décennies.
La psychologie des personnages a elle aussi basculé. Finies la mesure, la stature et la rigueur morale des officiers de Starfleet. Place à des héros constamment au bord de la rupture émotionnelle, en proie à des traumatismes permanents, agissant par impulsivité plutôt que par devoir. Le sens de l'exploration collective s'est effacé derrière des drames personnels et des arcs narratifs étirés à l'extrême.