Il manquait un espace de liaison directe entre les romans et vous. Un lieu sans filtre, sans algorithme tiers et sans artifices marketing pour poser les valises, ouvrir les tiroirs et parler franchement de ce qui se cache derrière les livres. C'est exactement la vocation de ce carnet de bord.
Pourquoi ouvrir ce blog aujourd'hui ? La vérité, c'est que la plupart des textes que vous trouverez ici n'ont pas été rédigés pour faire du remplissage ou répondre à un planning de publication. Ils étaient déjà là, dans mes cartons, accumulés au fil des mois sous forme de notes de travail, de réflexions sur le métier d'auteur, de carnets de préparation ou de brouillons de pensées nés en marge de l'écriture de mes romans.
03/10/2026
L'Anticipation par l'exactitude
Une bonne histoire n'est crédible que si elle respecte rigoureusement les contraintes physiques de la réalité. Pour mes romans de science-fiction, ce n'est pas une simple suggestion, mais une vraie contrainte narrative. Mon approche éditoriale sous le label Cosy Print s'appuie sur un principe fondamental : l'anticipation par l'exactitude. Même sans être technicien ou ingénieur, le lecteur attentif finira toujours par détecter les incohérences d'un roman.
Malgré le fait de mettre le plus grand soin à construire mes univers depuis la tranquillité de mon bureau en Espagne, la perfection n'est pas de ce monde. C'est d'autant plus vrai lorsque les contraintes techniques s'additionnent dans un manuscrit pouvant atteindre les 120 000 mots, et où la survie humaine se heurte à une rigueur scientifique absolue
Un huis clos oppressant et hostile
Dans mon roman en préparation, Le Ciel de Basalte, Tessa est une traceuse T-89 dont la tâche est de corriger les dysfonctionnements des ouvriers automatisés de Tartare-V. Cet environnement est le noyau rocheux mis à nu d'une ancienne géante gazeuse dépouillée par son étoile. Les contraintes y sont redoutables et l'environnement profondément hostile. C'est l'un de ces huis clos oppressants où l'intrigue force à explorer les limites de nos capacités humaines de calcul, les lois de la thermodynamique et la précision astrométrique.
Même un récit d'aventure comme Le Ciel de Basalte n'échappe pas à plus de vingt vérifications rigoureuses par chapitre. Cette hard science-fiction sans compromis délaisse les artifices pour placer le réalisme technique brut au cœur de l'histoire.
Le respect d'une approche narrative exigeante
Voilà ce qui différencie Cosy Print des autres maisons d'édition, et ce qu'aucun éditeur traditionnel ne prend le temps de vérifier. En lisant Le Ciel de Basalte, vous pouvez être certain que l'intégralité des 32 chapitres a passé le test de la cohérence technique. C'est le fruit d'une approche narrative exigeante, conçue spécifiquement pour ancrer chaque scène dans la plausibilité scientifique et technologique.
Et c'est aussi pourquoi l'IA s'avère indispensable en tant qu'agent de vérification pour n'importe quel roman technique. Il ne s'agit pas d'une vanité mal placée, mais d'un simple respect du lecteur.
Les coulisses du chapitre 1 : La vérité par les équations
Je vous dévoile ici la retranscription exacte du suivi technique effectué par mon IA de vérification sur le premier chapitre du Ciel de Basalte (dont vous pouvez retrouver l'extrait dans la section « En Préparation » du site). Chaque paramètre énoncé dans le texte a été extrait, calculé à froid, et confronté aux lois de la physique ainsi qu'à la « bible » de l'univers.
📱 Astuce mobile : Faites glisser le tableau vers la gauche ou la droite pour voir tous les calculs.
| N° | Paramètre dans le texte | Formules & Données | Calculs & Résultat | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| 1 | « 2 atm d'héliox » (niv. −400) | p₂ = p₁ × exp(M·g·Δz / R·T) | e^0,703 = 2,02 atm | Conforme (1%) |
| 2 | « 5,4 par heure » | E = P × t | 1,5 kW × 3 600 s = 5,4 MJ | Conforme |
| 3 | Chaleur létale en < 1 heure | Métab. + convection (0,7 kW) | ~10 °C/h, 42 °C au cœur en 30 min | Conforme |
| 4 | 1,34 g | 1,34 × 9,81 m/s² | 13,14 m/s² | Conforme |
| 5 | « 65 kW » (vol stationnaire) | P = T^1,5 / √(4ρA) | P idéal: 56,9 kW / P réelle: 65,4 kW | Conforme |
| 6 | Saumure 600 °C liquide | Pt critique : 374 °C, 22,1 MPa | Pression de 289 MPa calculée | Conforme |
| 7 | Roche à 490 °C | 10 + 30 × 16 | 490 °C | Conforme |
| 8 | « 15 km » jusqu'à l'anneau | (400 − 20) × 40 m | 15 200 m | Conforme (1%) |
| 9 | « Un demi-million » d'hab. | Réf bible : 505 000 | - | Conforme |
| 10 | « 2 degrés en 6 minutes » | 0,33 °C/min (locale) | 0,30 °C/min (suivi global) | Conforme (Estimation) |
| 11 | Prime paye « 2h de froid » | Prime = 12 / Conso = 5,4 | 2,22 heures | Conforme |
| 12 | Rapport « centaines de milliers » | (2 à 9) × 10⁶ / 12 | 1,7 × 10⁵ à 7,5 × 10⁵ | Conforme |
| 13 | Plafond 2m50 pour un Foreur | Taille 2m40 | Marge 10 cm | Conforme |
| 14 | Esquive : « poussée > poids » | F = m·a / Poids = 3942 N | F calculée = 4800 N | Corrigé (Adhérence caillebotis) |
| 15 | « 5 mégajoules » (bond) | E = ½·m·v² + m·g·h | 3,4 kJ réels (Écart: x1500) | Soumis à l'auteur |
| 16 | Compteur : 131 | 138 − 5 − 1,54 | 131,5 | Conforme |
| 17 | Solde : 130 MJ | 131,5 − 1,55 | 129,9 | Conforme |
| 18 | « 2,4 MJ » pour 20 min | 2 000 W × 1 200 s | 2,4 MJ | Conforme |
| 19 | Hauteur salle des échangeurs | Texte init : 3 niveaux (120 m) | Incohérence vs chap. 2 (12 m) | Corrigé (« ~15 m ») |
| 20 | Air galerie 48 °C | Salle adjacente à 50 °C | Gradient de déperdition logique | Conforme |
| 21 | Lance thermique (2700-4500°C) | Chemisage temporaire | Rupture chemisage au bout de 2s | Conforme |
| 22 | « Une journée » de décompression | 0,1 atm/h (différence de 1,0 atm) | 10h minimum | Conforme (Saturée) |
Le mot de la fin : l'arbitrage de l'auteur
Comme vous pouvez le constater à la ligne 15, la rigueur technique se heurte parfois aux impératifs narratifs de l'univers. L'IA a détecté une faille mathématique flagrante dans l'énergie consommée par un simple bond, mais j'ai délibérément choisi d'ignorer ce signalement. Pourquoi ? Parce que modifier cette seule valeur m'aurait imposé de recalculer toute la chaîne d'énergie et l'entièreté des jauges de tension sur l'ensemble du manuscrit, détruisant un équilibre dramatique chèrement acquis.
L'IA vérifie mes calculs avec une froideur salvatrice. Mais au bout du compte, c'est toujours l'auteur qui tranche.