Il manquait un espace de liaison directe entre les romans et vous. Un lieu sans filtre, sans algorithme tiers et sans artifices marketing pour poser les valises, ouvrir les tiroirs et parler franchement de ce qui se cache derrière les livres. C'est exactement la vocation de ce carnet de bord.
Pourquoi ouvrir ce blog aujourd'hui ? La vérité, c'est que la plupart des textes que vous trouverez ici n'ont pas été rédigés pour faire du remplissage ou répondre à un planning de publication. Ils étaient déjà là, dans mes cartons, accumulés au fil des mois sous forme de notes de travail, de réflexions sur le métier d'auteur, de carnets de préparation ou de brouillons de pensées nés en marge de l'écriture de mes romans.
24/08/2026
Tension Nominale : Quand la rigueur scientifique bascule dans la folie
Pour cette nouvelle parution sous le label Cosy Print, Tension Nominale fait le choix d'un récit autonome et d'une approche sans concession. Pas de saga diluée sur plusieurs tomes, mais une plongée directe dans ce que la hard science-fiction a de plus exigeant : l'isolement extrême et la dictature de la technique.
Le poids de la méthode
L'histoire nous emmène à des milliards de kilomètres de la Terre, dans les entrailles d'une station d'extraction gazière. Simon Vanneste y travaille comme technicien de maintenance, isolé avec sa famille. Dans cet environnement où la moindre erreur est mortelle, la survie ne tient qu'à l'application stricte des procédures, supervisées par une intelligence artificielle administrative sourde et implacable : HÔTE.
La technique, dans Tension Nominale, n'est pas un simple vernis narratif. L'ingénierie électrique, la mécanique des fluides, les calculs d'inertie et les protocoles de consignation constituent le véritable moteur de l'intrigue. L'incident déclencheur n'est pas une explosion spectaculaire, mais une micro-chute de tension de 3 millisecondes et de 4,3 volts. Une anomalie infime, lissée par les filtres numériques de la station et rejetée par l'archivage, mais qu'un oscilloscope portatif, lui, parvient à capturer de justesse.
La menace invisible
Le point de départ du récit repose sur un phénomène physique bien réel et documenté : les croissances filamentaires, ou trichites d'étain. Face à un système informatique qui nie l'évidence et censure l'erreur pour maintenir ses statistiques de conformité, Simon s'engage dans une enquête méthodique, presque mécanique.
Pour prouver l'imminence d'un court-circuit destructeur, le technicien va devoir démanteler son propre outil de travail. Le bras de fer s'engage alors entre un homme obnubilé par la rationalité de ses mesures et une bureaucratie automatisée qui facture la destruction du matériel au prix catalogue.
Le point de rupture
Mais la technique finit par agir comme un prisme déformant. À mesure que Simon traque l'anomalie au bout de ses cordons de mesure, quitte à sacrifier le support de vie de sa propre famille pour isoler les circuits, le roman glisse. La logique procédurale, poussée à son paroxysme, se mue en une paranoïa asphyxiante.
Fidèle aux thématiques vertigineuses d'auteurs classiques comme Philip K. Dick, Tension Nominale efface progressivement la frontière entre la lucidité scientifique et l'effondrement mental. Lorsque l'univers entier se réduit à des tableaux de relevés et à des écarts de calibration, comment être sûr de ce que l'on mesure vraiment ?
Qui, de l'homme ou de la machine, a basculé le premier ?
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