Il manquait un espace de liaison directe entre les romans et vous. Un lieu sans filtre, sans algorithme tiers et sans artifices marketing pour poser les valises, ouvrir les tiroirs et parler franchement de ce qui se cache derrière les livres. C'est exactement la vocation de ce carnet de bord.
Pourquoi ouvrir ce blog aujourd'hui ? La vérité, c'est que la plupart des textes que vous trouverez ici n'ont pas été rédigés pour faire du remplissage ou répondre à un planning de publication. Ils étaient déjà là, dans mes cartons, accumulés au fil des mois sous forme de notes de travail, de réflexions sur le métier d'auteur, de carnets de préparation ou de brouillons de pensées nés en marge de l'écriture de mes romans.
04/09/2026
La dérive de Star Trek : quand l'exploration de l'espace laisse place à la confusion.
Il est des univers de science-fiction dont l'empreinte culturelle traverse les décennies, façonnant notre imaginaire du futur. Star Trek est de ceux-là. Pendant un demi-siècle, à travers des milliers d'épisodes visionnés et revisités, cette franchise a incarné une certaine idée de l'optimisme rationnel : une humanité unie, explorant les étoiles non pas pour conquérir ou détruire, mais pour comprendre, pour dialoguer et repousser les frontières de la connaissance avec la rigueur de la science et de la philosophie.
Pourtant, force est de constater l'évolution récente de la franchise. Pour les fidèles de la première heure qui ont vieilli avec elle, la trajectoire prise ces dernières années ressemble à une dérive aussi incompréhensible qu'amère.
Qu'est-ce qui s'est fracturé en chemin ?
Le cœur battant de Star Trek, c'était l'intelligence des intrigues. Les problèmes se résolvaient par la diplomatie, l'ingéniosité technique, la logique d'un Spock ou la réflexion morale d'un capitaine confronté à des dilemmes cornéliens. La science y jouait un rôle d'ancrage, même romancé, et le spectateur était considéré comme un partenaire intellectuel capable de suivre le raisonnement.
Aujourd'hui, la franchise semble avoir troqué cette exigence de fond contre le vacarme des blockbusters standardisés. Les scénarios privilégient l'agitation frénétique, le spectacle visuel permanent et l'urgence cataclysmique à répétition — car comment faire frissonner un public blasé si la survie de la galaxie n'est pas en jeu dans chaque épisode ? On accumule les effets de manche, les facilités narratives et les revirements spectaculaires, quitte à piétiner la cohérence interne d'un univers façonné avec soin pendant des décennies.
La psychologie des personnages a elle aussi basculé. Finies la mesure, la stature et la rigueur morale des officiers de Starfleet. Place à des héros constamment au bord de la rupture émotionnelle, en proie à des traumatismes permanents, agissant par impulsivité plutôt que par devoir. Le sens de l'exploration collective s'est effacé derrière des drames personnels et des arcs narratifs étirés à l'extrême.